Attention à l’orthographe !!!

Il s’agit-là du nom d’une fillette de 11 ans, originaire de Roubaix, qui a malheureusement été tuée par la chute d’une grosse branche. C’était en juillet 1961, un orage éclatait, le vent soufflait… plusieurs fillettes étaient assises en groupe sous un arbre près de la pataugeoire et lisaient… Le nom a été donné au bâtiment l’année suivante.

Mais que faisaient-elles là ?

A l’époque on ne parlait pas de Parc des Érables, ni de Parc Pierre Bessey, bien sûr, mais des « P’tits Quinquins ». C’était une colonie de vacances du Comité d’Entreprise de la Société E.L.R.T. (L’Électrique Lille, Roubaix, Tourcoing) qui gérait le service des Tramways. (appelés « Mongy » dans cette région)

Nous avons eu la chance, lors du salon de la sculpture du Clip en octobre 2008, de rencontrer Madame Leplat qui fut colon de 1946 à 1953 et monitrice de 1957 à 1959 et a, à ce titre, encadré Danièle Dhaenens. Elle voulait revoir l’endroit où elle avait passé toutes ses vacances. Elle a gentiment fait appel à ses souvenirs et a accepté de nous parler de la vie de cette colonie.

La colonie a été ouverte en 1946.

Le château comprenait au rez-de-chaussée, la cuisine et le réfectoire, les deux étages étant réservés aux dortoirs. Le pavillon (actuellement salle des anciens et vestiaire du secours catholique) était réservé aux douches et toilettes, et le chalet (bâtiment abandonné près du Club House) servait de dortoir pour les plus âgés.

La salle annexe fut construite en 1947. Elle abritait deux grands dortoirs avec au rez-de-chaussée le bureau de la direction au centre.

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Une inauguration a eu lieu le 19 juillet 1947 et un repas a été servi à la mairie de Précy. (archives municipales).

Par la suite une salle de jeux a été bâtie près du chalet.

Le parc comprenait une grande pelouse avec le drapeau au centre, la plaine de jeux, le bois, et le potager où ont été construits les courts de tennis.

Les premières années, il y avait deux sessions de 5 semaines chacune (une pour les filles, et une pour les garçons). Il y avait entre 80 à 100 colons par session qui venaient de Lille, Roubaix et Tourcoing. Puis, par la suite, 3 sessions de 3 semaines ont été organisées : 1 session de filles, une de garçons, et une de filles avec petits frères et petites sœurs. 70 à 80 colons accueillis par session. Ils avaient de 6 à 14 ans.

Le rythme de la journée du colon était le suivant :

7h30 : lever, puis toilette, petit déjeuner, retour au dortoir pour ranger et faire le lit, lever du drapeau, activités diverses (jeux, travaux manuels, courrier, préparation des veillées) Midi : déjeuner, puis sieste (30minutes de silence complet suivies d’une heure de lecture pour ceux qui ne dormaient pas) – distribution du courrier et promenade dans les environs (Blaincourt, Villers, Camp de César, les bords de l’Oise, les champs, etc.). Le goûter était emmené dans des grands torchons.

Après le dîner, veillées (chants, jeux, danses, …). Coucher entre 21 et 22 heures.

Le dimanche, à la demande des parents, les colons assistaient à la messe et traversaient la grande rue (Charles de Gaulle) en chantant.

Durant le séjour deux excursions étaient organisées : l’une à Paris et la seconde suivant le cas, à Chantilly, Compiègne, Senlis, Pierrefonds….

Les vêtements des colons étaient entretenus par une lingère qui habitait la maison de gardien, Madame Grémillon. Tous les vêtements portaient le nom cousu du colon. Ils étaient entreposés dans des casiers au deuxième étage du château. (encore visibles dans le couloir).

Pendant la direction de Madame Créténier qui a dirigé cette colonie jusqu’en 1954, la discipline était de rigueur et chaque matin, il fallait procéder à la lever du drapeau. Chaque phase de la journée était accompagnée de chansons de circonstance :

  • « hop ! dès le matin, lève-toi, l’heure sonne… »
  • « Déjà le coq a chanté, ami il faut vous lever… »
  • « Flotte petit drapeau… »
  • « Les connais-tu les 3 couleurs… »
  • « Je te dis bon appétit, tu me dis… »
  • « Chut, plus de bruit, c’est la ronde de nuit… »
  • « O nuit… »
  • « Doucement s’en va le jour… »
  • « Hop la ! nous voilà, faut qu’on chante… » pour les rassemblements.

Une quantité incroyable de chants de marche pour les promenades et pour les anniversaires, remerciements ou au revoir.

Lors de ses années de monitrice, la direction avait changé : Monsieur Gravelin avait remplacé Madame Crétinier. Il n’y avait plus le lever de drapeau, les colons avaient une armoire personnelle et les sorties étaient plus décontractées. Je voudrais également remercier Madame Annie Picavet que j’ai retrouvée sur Internet et qui était colon, et près de Danièle Dhaenens le jour de l’accident. Elle a pu me parler brièvement de cette tragique journée. Les colons n’ont pas su à ce moment-là que leur camarade était décédée. Elle m’a également confié quelques photos.

Cette propriété, construite sur un terrain de plus de 2 hectares, à l’origine appartenait à la famille Pécourt (conseiller référendaire à la Cour des Comptes) qui employait un grand nombre de personnes : lingères, cuisiniers, palefrenier, cocher, jardiniers, femmes de chambre et valets de chambre…

Après avoir été utilisée par le Comité d’Établissement de la E.L.R.T., et par des garçons en BTS-forge de l’École Nationale Professionnelle de Creil qui utilisaient les dortoirs en dehors des périodes d’été, dans les années 60, elle a été achetée en 1971 par la Municipalité de Précy, sous un mandat de Monsieur Bessey, pour la somme de 700 000 frs.